vendredi 14 janvier 2011

La Sucrette (re-suite) (3/3)

Lorsqu'on avait obtenu le sucre cristallisé, il fallait le sécher, puis le stocker ou le conditionner sous une forme commerciale , en semoule ou en morceaux . En ce qui concerne les morceaux , la sucrerie qui ne possédait pas de raffinerie se contentait de produire du sucre " cassé " . Pour l'obtenir , on introduisait le sucre cristallisé légèrement humide dans des mouleuses qui le comprimaient progressivement pour lui donner la forme de " lingots " , lesquels étaient déposés sur un plateau ; un wagonnet sur rails transportait jusqu'à cinquante lingots vers une grande étuve ou circulait de l'air chaud . Pris en masse et durcis , les lingots étaient ressortis , puis portés vers un autre atelier , le " cassoir " , ou une machine munie de deux couteaux les partagait en morceaux. Ceux-ci étaient enfin mis en boites d'un kilo elles mêmes groupées en " fardeaux " de cinq kilos , prêts à être commercialisés ou entreposés .

En 1956 , l'usine fit l'acquisition d'une machine" Chambon " qui permettait de conditionner le sucre en continu et résumait toutes les opérations en supprimant le cassage , un traitement du sucre en morceaux jusqu'alors réservé aux seules distilleries.

Outre le personnel occupé à ces travaux, la sucrerie avait besoin de bouviers et de forgeron-maréchaux pour entretenir les animaux de trait nécessaire au transport des betteraves . Une bouverie était même en construction dans l'usine en Juillet 1929 , un accident mortel est( survenu pendant les travaux. Nombreux étaient les étrangers travaillant à la sucrerie : on connait leur existence à travers les faits divers rapportés dans le "Progrès " : Russes , Polonais , Italiens . Ils logeaient pour la plupart dans des baraquements prévus pour eux sur le terrain de l'usine ; il existait même une cantine, tenue en 1935 par un certain Emile Sylvestre .

Lorsque M. Henri Pajot décéda en 1938, ses deux fils prirent la suite M Jacques Pajot devenant Président Directeur Général et M André Pajot Administrateur Directeur Général adjoint. Un instant ralentie par la guerre de 1940 et la mobilisation d'une partie du personnel la sucrerie poursuivit son expansion . Il n'est que de comparer le tonnage journalier des betteraves traitées pour en mesurer l'importance : 857 tonnes en 1947 , plus de 3000 vers 1979 .

En 1963 la sucrerie de Montereau fusionna avec celle de Palissandres , donnant naissance aux "Sucrerie-Raffineries Bouchon et Pajot" ( S.R.B.P ) . Un regroupement plus général de plusieurs sucreries d'importance survint en Mai 1968, englobant celle de Nassandres et de Montereau dans la "Générale Sucrière" ou G.S Lorsque Montereau aborda sa dernière campagne e 1979 les matériels utilisés dans les unités de fabrication avaient été complètement transformés quant à leur taille et à leur façon de procéder en cycle continu ; le transport des betteraves se faisait par camions-bennes ou par bateaux. Mais le terrain hélas, n'était pas extensible, limité par la route, la rivière et le chemin de fer , et la sucrerie dut cesses son activité faute de pouvoir s'étendre . Le travail de conditionnement dura jusqu'en 1985 avec des sucres extérieurs stockés en vrac dans un grand silo d'une capacité de 24.000 tonnes bâti en 1968.
Il faut également signaler en 1970 , en face de l'usine , entre l'Yonne et la route , d'une installation de déshydratation de fourrages et de pulpes de betteraves qui permit la production de pulpes sèches, agglomérées et présentées sous forme de " Pellets ".


Et bien voila la petite histoire de la " Sucrette " .

Il y avait aussi une sucrerie à Coulommiers où le père de Jacques a travaillé (si mes souvenirs sont exacts). Peut-être que quelqu'un parmi "les Sermizelliens de Coulommiers " pourrait aussi écrire quelque chose sur cette sucrerie ?

Pour en revenir sur celle de Montereau : Mon père y a travaillé, au garage avec M. Jean Allasseur , il était mécano et travaillé de nuit , il fallait entretenir ou réparer les véhicules la nuit , car toute la journée ils transportaient les betteraves .

A bientot , salut à toutes et tous
Pepette

2 commentaires:

  1. Pépette,
    Un vrai régal et un gros travail de transcription.
    Je te félicite pour les détails. Il est important de faire revivre ce monument au travers des écrits.
    Je vais regarder dans mes albums pour mettre sur le blog quelques photos de nos pères dans ce lieu fort.
    Encore merci.
    Bises
    Roger

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  2. Bravo Pépette !
    Belle série : je souscris à ton appel pour Coulommiers !

    Il serait utile d'avoir d'autres photos pour illustrer notre mémoire.

    Guillaume.

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